Pièce où furent assassinés les Romanov. L'armée blanche ne retrouva sur les lieux qu'un chapelet appartenant à l'impératrice.

 La nuit du 16 au 17 juillet 1918, suscita de nombreux ragots dans la ville d'Ekaterinbourg. La thèse qui circule dans la ville, comme dans tout le pays, affirme que toute la famille impériale a été assassinée et qu'il n'y a eu aucun survivant. Mais les communiqués officiels démentent ces ragots et affirment que seul le Tsar a été fusillé, et que l'impératrice et ses enfants ont été conduits dans un endroit sûr. Pour faire la lumière sur cette terrible nuit, l'amiral Koltchak nomme le juge d'instruction Nikolaï Sokolov. Celui-ci commence des fouilles aux "Quatre-Frères", lieu situé dans des bois aux environs d'Ekaterinbourg, et pousse aussi ses recherches dans les environs. En effet, des rumeurs prétendent que c'est à cet endroit que les dépouilles des Romanov ont été détruites. Sokolov ne trouve aucun corps. Cependant, il découvre des indices qui prouvent que des corps ont bien été détruits à cet endroit: quelques ossements carbonisés sont retrouvés sur les lieux, ainsi que plusieurs phalanges manucurées qui avaient pu appartenir à l'impératrice; des barrettes, des corsets et trois petites icônes appartenant aux grandes-duchesses, des ornements métalliques des uniformes du tsar et du tsarévitch, le dentier supérieur et les lunettes du docteur Botkine, des menus objets que Pierre Gilliard a reconnu comme étant ceux du bric-à-brac que le tsarévitch transportait toujours dans ses poches, sans oublier le cadavre décomposé du petit chien d'Anastasia, qui a connu le même sort que les Romanov. De plus, il savait que Yourovski s'était procuré de l'acide sulfurique quelques temps avant le massacre, d'où sa conclusion: les corps avaient été démembrés et arrosés d'acide. Après quoi ce qui restait avait été brûlé à l'essence et les cendres dispersées aux quatre vents.  

 

Baleines des corsets appartenant à l'impératrice, aux grandes-duchesses et à la femme de chambre.

Cadavre décomposé de Jimmy, le petit épagneul d'Anastasia, retrouvé dans la forêt de Koptiaki par Sokolov

         
Cependant, les conclusions de Sokolov ont été démenties par des pathologistes et des experts en médecine légale. Selon eux, étant donné le peu de temps et les moyens rudimentaires qu'ils avaient pour détruire les corps, il était très difficile de faire disparaître un seul corps, et donc impossible de se débarrasser complètement de onze corps. De plus, avec de tels procédés, les dents se révèlent presque indestructibles. Où sont donc passées les quelques trois cent cinquante dents des victimes?

 

Sokolov dans la forêt de Koptiaki.

 Pavel Bykov a donné une explication à la faille des conclusions de Sokolov. D'après lui, les cadavres avaient été emmenés loin des "Quatre-Frères" et enterrés dans un endroit marécageux où Sokolov et ses équipes d'enquêteurs n'avaient pas cherché. C’est d'ailleurs en partie grâce à lui qu'Alexandre Avdonine, un géologue de Sverdlovsk, s’est mis en tête de retrouver les corps de la famille impériale. Après plusieurs années de recherches, un jour de printemps 1978, Avdonine, avec sa femme et un ami, ont mis la main sur un coin de terre affaissé de deux mètres sur trois. Les enquêteurs ne se sont décidés à commencer les fouilles que l’année suivante, le 30 mai 1979, car ils ont eu peur que leur acte soit vu comme une profanation mais aussi de la réaction des autorités qui voyaient encore Nicolas comme le « boucher couronné ».

Ils ont mis à jour des traverses de chemin de fer sous lesquels se trouvaient des ossements dans des états de conservation différents. Les amateurs se dépêchent de prendre trois crânes et referment la tombe aussitôt. Alexandre Avdovine voulait emmener un des trois crâne qu’il croyait être celui de Nicolas (mais il s’est révélé être celui d’Anna Demidova, la femme de chambre de l’impératrice) à Moscou pour le faire analyser, sans avoir l’intention de dire d’où il provenait. L’enquêteur conservait les deux autres crânes chez lui.
Mais dans l’impossibilité de dire la vérité aux autorités, il s’est résigné à ne pas les faire analyser, de remettre les crânes à leur place et d’attendre des jours meilleurs pour révéler sa découverte.

 

Les trois crânes exhumés par Alexandre Avdonine.

  

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